Ce simulateur est issu des travaux du projet Prévibest conduit par l'ITB de 2020 à 2024 en partenariat avec Agro-Transfert et Tereos, et financé par FranceAgriMer.

La responsabilité du ministère ne saurait être engagée.


Un premier modèle plante-sol estime l'humidité du sol (de la surface jusqu'en profondeur) à la date du jour et en prévision à j+3 jours, en prenant en compte la météo et la consommation d'eau de la betterave.
Un modèle de tassement estime ensuite la sensibilité des différents horizons du sol au tassement.



Le tassement est une diminution plus ou moins sévère de la porosité structurale du sol lorsqu'une contrainte dépasse sa capacité de résistance.

Dans Prévibest, on distingue :

  • Le tassement superficiel : il concerne l'horizon travaillé, défini par la profondeur maximale de travail indiquée dans les paramètres. Un compactage dans cet horizon peut être corrigé par intervention d'un outil disponible sur l'exploitation.
  • Le tassement profond : il se situe au delà de la profondeur maximale de travail, et ne pourra évoluer qu'à la faveur du climat et de l'action racinaire des cultures. Il est lié au poids à la roue du matériel qui le provoque, et très peu dépendant de la largeur du pneumatique.

Le tassement des sols a des conséquences importantes sur le fonctionnement du sol et les performances des cultures, à plus ou moins long terme selon la vitesse de restructuration du sol.
Impacts sur le développement des cultures
Le tassement limite fortement la circulation de l'eau et de l'air dans un sol humide. Les racines peuvent alors manquer d'oxygène, ce qui freine leur développement.
En sol sec, le tassement freine l'enracinement en profondeur, réduisant ainsi la capacité des plantes à accéder à l'eau et aux éléments nutritifs.
Conséquences sur les rendements et les travaux agricoles
Cette dégradation de la structure du sol peut provoquer une baisse de rendement, variable selon les cultures, de quelques pourcent jusqu'à 30 % pour les cultures les plus sensibles.
Impacts environnementaux
En réduisant la porosité, donc la circulation de l'eau dans le sol, un tassement favorise l'engorgement superficiel et peut accentuer les émissions de N₂O (Gaz à Effet de Serre).




L'outil de simulation évalue le risque de tassement associé à la situation que vous avez paramétrée. Les résultats sont présentés selon trois niveaux de risque et trois scénarios de charge. La profondeur de travail du sol renseignée permet de distinguer les tassements superficiels, récupérables mécaniquement, des tassements profonds, qui ne le sont pas. En cas de risque modéré ou élevé, notamment en profondeur, consultez l'onglet Comment limiter le risque ? en bas de page.

Pour limiter le risque de tassement des sols, qu'il soit superficiel ou profond, les principaux leviers sont préventifs : il s'agit d'éviter que le tassement ne se produise :

  • Limiter la charge dans l'intégrale en vidangeant régulièrement : vider l'intégrale dès qu'il y a passage à proximité du silo. Cela limite la charge exercée sur le sol. Une vidange prenant entre 1 et 2 minutes, le temps consacré à cette opération est compensé par le temps économisé en évitant de rouler jusqu'au silo à pleine charge.
  • Créer des voies de circulation pour éviter de tasser toute la parcelle : les expérimentations ont montré que plusieurs passages de roues au même endroit n'aggravent pas le tassement en profondeur. En revanche, le tassement superficiel augmente avec des ornières plus profondes. En conditions à risque de tassement sévère, il peut donc être intéressant de réserver des voies de circulation dans la parcelle pour le trajet des bennes entre le silo et l'intégrale.
  • Adapter le mode de conduite de l'intégrale : en conditions humides, en roulant en crabe, la part de surface de la parcelle tassée augmente. En roulant roue dans roue, le tassement se concentre dans la zone roulée, tandis que le reste de la parcelle est préservé. Cela limite l'impact sur les cultures suivantes, et permet de conserver des zones non tassées, favorables à la régénération et à l'activité biologique du sol.
  • Multiplier les essieux pour répartir la charge : il est important de raisonner en termes de charge à l'essieu. À charge égale, une benne à 3 essieux exerce une contrainte moins importante sur le sol qu'une benne à deux essieux, car la charge sera répartie sur 6 roues. Au moment de l'arrachage, l'ITB conseille donc de privilégier les bennes avec le plus d'essieux. La qualité des pneumatiques est également à prendre en compte.
  • Adapter la date d'intervention à l'humidité du sol : si les conditions météo s'annoncent séchantes, essayer de programmer l'arrachage de betterave dans une période où le sol sera suffisamment réessuyé en profondeur.

Les conseils sont détaillés dans cet article de l'ITB

Pour diagnostiquer un tassement des sols, superficiel ou profond, il existe 3 méthodes :

  • Utiliser une tige pénétrométrique
  • Réaliser un mini-profil 3D
  • Réaliser un test bêche

Ces méthodes sont détaillées par Agro-Transfert

Lorsqu'un tassement est identifié, il est possible d'intervenir en fonction de sa profondeur et de son intensité, tout en veillant à ne pas aggraver la situation.

Interventions mécaniques selon la profondeur du tassement

  • Tassement superficiel : Un travail du sol peut être envisagé jusqu'à environ 30 cm de profondeur afin de restaurer la porosité à la couche travaillée. L'utilisation d'un décompacteur ou d'un outil de fissuration profonde permet de casser les zones compactées sans retourner le sol. La pointe de la dent doit intervenir 3 à 5 cm sous la zone tassée. Cette intervention vise à restaurer la porosité en profondeur tout en limitant les perturbations de la vie biologique du sol.
  • Tassement profond : Lorsque le tassement atteint les horizons profonds, les interventions mécaniques sont inefficaces. Seule l'action combinée du climat, des cultures suivantes et de la vie biologique du sol permet de restructurer la zone tassée. En sols à faible activité structurale (limons, sols sableux), la récupération peut prendre plus de 5 ans.


Diagnostic de la rotation

Ce diagnostic est indépendant de l'évaluation du risque de tassement.

Ce diagnostic renseigne sur la sensibilité des cultures de votre rotation au tassement des sols, superficiel comme profond. Il indique, en premier lieu, la sensibilité au tassement de la culture qui suit la betterave puis, dans un second temps, le risque lié au retour d'une culture sensible au tassement dans votre rotation. Le diagnostic est présenté selon trois niveaux de risque : faible, modéré et élevé. Il vous permet de prendre en compte le risque de tassement à court et à long terme. Si le niveau de risque est modéré ou élevé pour la culture suivant la betterave et/ou à l'échelle de la rotation, consultez l'onglet Comment limiter le risque ? , en page précédente.